Irving Penn/ Grand Palais, Galeries nationales / 21 Septembre 2017 - 29 Janvier 2018

Vu au Grand Palais, la rétrospective d’Irving Penn fut une bonne surprise. Je pensais y voir beaucoup (trop) d’images de mode et j’y ai découvert de nombreux portraits, nus et natures mortes.

De salle en salle, d’une thématique à une autre nous découvrons l’univers de cet homme qui aspirait à être peintre et qui composait en posant ses personnages contre sa toile. Un simple fond, toujours le même et un studio représentent son atelier de travail qu’il transportera dans le monde entier. 

Né le 6 juin 1917 dans le New Jersey, il commencera sa carrière comme graphiste à la Pennsylvania Museum & School of Industrial Art (université des Arts).

Il s'installe en 1938 à New York, où il se met à son compte.

Le Vogue remarque le travail de ce jeune homme introverti, qui invitera tous ses sujets dans l’ambiance feutrée de son studio. 

Il fait sa première couverture en 1943. C'est à ce moment-là que ses photographies paraissent régulièrement dans Vogue (160 couvertures en cinq ans) et dans d'autres magazines. Le Vogue l’accompagnera dans nombre de ses projets et lui donnera carte blanche (salle3).

Et il ne sera pas le seul, les personnalités de l'époque se laissent charmer et inviter entre ses quatre murs.

Dalí, Truman Capot, Marcel Duchamp, Marlene Dietrich et bien d’autres sont pris en étau dans sa série « Corner Portraits » de 1948 (salle2).

Il s’installe à Paris en 1949 pour suivre les défilés de hautes coutures. Dans les escaliers de son studio de la rue de Vaugirard tout le monde se croise. De la tête d’affiche du moment, au mannequin à la mode jusqu'au boucher du coin. Les portraits de Yves Saint-Laurent, Colette, Picasso se mêlent à ceux du ramoneur, de la marchande de ballon et du chiffonnier.

« Les petits métiers » de New York, de Londres et de Paris défilent derrière sa caméra. Ces travailleurs de la rue, sont rabattus par son assistant de l’époque, un certain Robert Doisneau (salle 5 et 6).

Ses nus, comme des études de femmes tout droit sorties des tableaux de Rubens sont à contre-courant de l’idéal féminin de l’époque qu’il côtoie quotidiennement dans la mode (salle 7). 

Il parcourt le monde avec son studio ambulant tel un forain. Toujours orienté au nord, lumière qu'il prévilégie, il met en scène de la façon la plus épurée de jeunes indiens du Pérou, la peau scarifiée d'une jeune fille du Bénin, les femmes voilées du Maroc (salle 4 et 8).

Une autre étude attire mon attention, celle des déchets. Il sort de son studio new-yorkais pour faire des clichés de vieux mégots dans les rues. Une montagne de détritus s’accumule dans son studio de la 5e avenue (salle 9 et 10).

Et nous terminons cette exposition par une cruche, une théière ou une cafetière, je ne saurais pas dire. Un objet pratique et beau, tout simplement.

Je vous invite à découvrir cette belle palette qui mérite le détour.

Lara Magnan pour La confrérie.

 

Source: Photogriffon et Telerama

Plus d'infos sur: Grandpalais.fr et Irvingpenn.org